Chronique cartographique en territoires figurés et poétiques

Archives pour le mot-clé : temps

OEdipode rex

À ce propos, je songe à Gide écrivant à Valéry « Et nous sommes si peu nomades, au fond !!! ». Lui, répondait « Il y a entre Gide et moi…quelque chose de l’ordre de la vitabilité, de la faculté de se suivre, de s’adapter instantanément ». Comme le premier, j’ai un pied ici, un pied là. Comme le deuxième, lire la suite...

Le mot « nomade »

En grec, οδοσ «odos », la route : qui change de pâturage, qui erre à la façon des troupeaux ou des pasteurs d’un pâturage à l’autre. En latin : Membre de tribu de pasteurs itinérants ; peuplades errantes d’Afrique du nord. «L’habitant du k’sour cultive, à titre de fermier, le jardin du nomade; de son côté, le nomade se charge lire la suite...

Chronique de manque annoncé – 4

Il est 13h30 quand la vie devient sable mouvant. J’ai murmuré « Que va-t-on devenir ? », je me suis cassé le poignet contre un mur. Mes lunettes se sont voilées tandis que du ciel jaillissait des trombes d’eau. J’ai peur de l’orage. Qui va m’aider à remonter le temps ? Qui va ausculter mes pérégrinations ? Qui va me lire la suite...

Chronique de manque annoncé – 3

Il est 13h30 quand l’homme approche du micro. Une masse trapue nimbée dans les projecteurs. Si petit dans la haute salle. Humble dans la cathédrale, ce soir. Rejoint par des ombres. Et Rachel. D’autres voix sont dévoilées. Lou le taiseux, Lou le teigneux. Alan crispé sur ses bottines vernies, arty du rock au visage de lame d’acier, chevrotant en une lire la suite...

Chronique de manque annoncé – 2

Il est 13h30 quand nous nous retirons de notre amour. La Grande Histoire me paraît si bancale, mon bel amour. La pièce où nous nous tenons, enfin calmes, a connu les sursauts et les soubresauts de la passion. De cela il y a bien longtemps. Nous allons procéder à des démarches administratives, déposer un préavis de location, rechercher chacun un lire la suite...

Chronique de manque annoncé – 1

Il est 13h30 quand les cavaliers pénètrent dans la plaine Puszta. On est à une heure de Budapest, ils y auront bivouaqué, peut-être même auront-ils eu le temps de trousser quelques filles, des kárpáti cigány tout en rotant et pissant dru dans le froid automnal. À l’horizon, la sècheresse infinie des steppes ponctuées ci et là des salutations des pasteurs lire la suite...

Origines

Il y a trois ans, une journée grise m’avait amenée à l’exposition Opium ( je faisais des recherches autour de la lettre O pour un projet) où je lisais « chacun de nous est un désert … » . Les couleurs du jour m’attristaient, j’ai pensé à encore plus terne, plus boueux, plus rude. C’est devenu la plaine Puszta, de ce manque lire la suite...

Le paysage est un texte

Depuis la prise de notes inspirantes dans les salles du Muséum de Nîmes à l’écriture Chercher à la source en passant par l’arbre généalogique…telle est la tonalité du rendez-vous des Ateliers de Traverse samedi 06 avril 2019. Écrire des jalons chronologiques et les inscrire en un territoire, s’aider de dictionnaires qui archivent, de mémoire qui s'(am)use et d’inconscient qui vagabonde lire la suite...

Raconter les origines

Plusieurs options pour ce faire: l’arbre généalogique, réaliste ou imaginaire écrire selon une chronologie de la naissance à aujourd’hui ; d’un départ à une arrivée ; d’une rencontre à une séparation – à chaque fois, remonter ou descendre le temps comme on le ferait le long d’un cours d’eau raconter des étapes, jouer avec les repères temporels et/ou spatiaux sans lire la suite...

Underground

Écritures exploratoires du sous-sol de Carré d’art en un journal de bord scandé à la mesure de l’espace et du temps de la singulière médiathèque nîmoise. Underground(1995)est un film d'Emir Kusturika.

Rayons verts

Toucher les balafres d’un platane argenté. Détourner la tête vers les origines estompées. Sonder le passé des Volques à tel point qu’on se croirait devant un éventail de chromos. Plonger un bout d’orteil dans Nemausa la source, il y a plus de deux mille ans. Caresser le marbre tandis qu’il pleut des semences soufre. Focaliser le regard vers les cygnes lire la suite...

D’un œil ardent tu verras

Quand les astres écrasent toute chose, on s’en remet à dieu ou au diable pour trier le soupçon de la chicane. D’un œil ardent tu verras – il te faudra entrouvrir les paupières – les dromadaires harassés, les pèlerins devant, à droite quelques murets et la campagne cramée de chaleur. Sur le pourtour, des blessés, des gens hagards, des rumeurs. Tu lire la suite...

Un mouvant tableau

Je venais tout juste d’avoir 30 ans. J’avais passé les dix dernières années de ma vie enfermé, entre mon petit studio du 3è arrondissement et mon bureau. Je n’avais pas vécu. Ou si peu. Juste la vie des autres dans les romans que je dévorais par dizaine à la bibliothèque de mon quartier. Parfois le dimanche j’allais me promener dans lire la suite...

Lituanie 4, Dieu

Dieu nous viendra-t-il en aide ? Peut-il détourner ce qui sera le destin de notre coup de foudre ? Seul, je me serais assis sur un banc et j’aurais rêvé. Seul je l’étais, même quand tu te déshabillais dans les églises de brique et que je bandais comme le bois dont sont faits tous les saints au milieu des petites lire la suite...

Berlin

Ma C., tu as saisi sous verre la belle dont nous rêvions enfants, son visage parfait et son port hiératique – oubliés les cieux égyptiens et le charme du Nil – un autre sanctuaire accueille notre amie, un abri ivoire non restauré même si je reconnais les feuilles d’acanthe et les angelots barbouillés du Quattrocento.  Néfertiti baigne dans un silence lire la suite...

Séville

Chère C., un an déjà que nous nous sommes rencontrés. C’était à Séville, aux Archives des Indes. Tu y venais pour la première fois, j’étais un habitué. Je venais m’user les yeux à fouiller dans les vieux écrits. J’y découvrais la lumière du sud, les Antilles espagnoles, la chaleur sur les plantations, le soleil sur la mer. Toi, tu venais lire la suite...

Cologne

Chère amie, Je t’écris du théâtre de Cologne en attendant que les lumières s’éteignent et que le spectacle commence. En traversant la ville dans cette opacité moite et glaciale d’un hiver allemand, une idée m’est venue. Que dirais-tu si je venais te rendre visite ? Rome et sa lumière me manquent. Je n’en peux plus de ma solitude et de cette lire la suite...

Chania l’hiver

Et le désir d’écrire une ballade… Signe la symbiose du ciel Et de la passion d’autrefois Nuit douce dans les ruelles Là où le passé se déploie De cela on revient – Parfois L’on prie pour que jamais ne croise De ces souvenirs qui nous noient Comme neige qu’on apprivoise Il est des prospectives, belles Dans le silence sur les lire la suite...

Une traversée

En témoigne le parcours imparfait 2018 sous le thème des Lumières, des Correspondances et des Résurgences, comme une eau s’extrait parfois de la roche sans que l’on sache tout à fait son origine même si assurément, c’est la même qui coule depuis l’aube de l’humanité.

Chania

Je retranscrits depuis mes carnets personnels une Crète multiple, solaire et nostalgique selon les caprices des astres. Été 1976. Ça y est. On est arrivés. Après 50h de train et 12h de bateau. Mortel. C’était mortel.Aujourd’hui, on reste à Chania. Demain, on part pour la côte sud. Pas de monde là-bas, à ce qu’on dit. On couche à l’hôtel ce lire la suite...