Chronique cartographique en territoires figurés et poétiques

Archives pour le mot-clé : paysage

Chronique de manque annoncé – 1

Il est 13h30 quand les cavaliers pénètrent dans la plaine Puszta. On est à une heure de Budapest, ils y auront bivouaqué, peut-être même auront-ils eu le temps de trousser quelques filles, des kárpáti cigány tout en rotant et pissant dru dans le froid automnal. À l’horizon, la sècheresse infinie des steppes ponctuées ci et là des salutations des pasteurs lire la suite...

« L’émotion de la provenance »

C‘est Jean-Christophe Bailly qui écrit cela dans son introduction à Le dépaysement, paru en 2012. Il est question de fluidité, de vent dans les branchages et d’absence de racines. Je lis dans le désordre ses mots qui bruissent en moi. Rappelons-nous ces humains qui ont arpenté le territoire et se sont réfugiés dans les grottes qui surplombent la rivière (elles lire la suite...

Rayons verts

Toucher les balafres d’un platane argenté. Détourner la tête vers les origines estompées. Sonder le passé des Volques à tel point qu’on se croirait devant un éventail de chromos. Plonger un bout d’orteil dans Nemausa la source, il y a plus de deux mille ans. Caresser le marbre tandis qu’il pleut des semences soufre. Focaliser le regard vers les cygnes lire la suite...

Avec ses éphélides on peut brûler

On traverse des espaces humides Et dévastés, des rivières perdues On recherche et on traque, éperdu En silence, une femme livide Contre laquelle, avec ses éphélides On peut brûler tel l’enfant méconnu Et révolté ; se dresser mis à nu Et déchaîner une fièvre splendide Rougeoyante, c’est une frénésie Une folie, une guerre quasi Une flamme – fureur sombre, tension lire la suite...

Lituanie 2, Hamlet

Ô s’approcher de l’eau ! Dans les reflets dérivait Ophélie que les herbes ne chatouillaient plus. Nous récitions les tirades d’Hamlet en faisant de grands gestes. Tu étais facétieuse, tu te cachais sous la barque en chantonnant, après tu léchais la peinture écaillée sur ta peau humide tout en dansant la sévillane. Nous étions comme les pissenlits sur le sol lire la suite...

Lituanie 1, les lilas

Ma peau est de bois, de fer et de lianes. Au loin, le son étouffé de l’harmonica prolonge l’apaisement après l’amour. Je perçois le bruissement du vent au dessus du toit et une odeur d’enfance à travers les lattes disjointes. Nous aurions pu rester jusqu’à quand, ici ? Aurions-nous pâli, comme le printemps à travers les lilas ? Mon aimée lire la suite...

Lituanie

À son retour de Lituanie, Isabelle Vincent m’envoie six photographies qui inspirent une balade en six opus – une histoire qui finit mal. Ramybė mūsų sapnuose est un film du lituanien Šarūnas Bartas.

Potomac River

Minéral hiver Anachronique lumière Qui n’est plus – en mai Là sur l’Ancien continent Du Rhône au Gard, feuillagé Catherine Robert

Résonance

Le FRAC de Normandie révèle ses dernières acquisitions dont la présentation se décline en Construction et déconstruction du paysage ; Corps : du fragment au mouvement ; Espaces architecturés et Nouvelles formes de récits. Dossier de presse, PDF ci-dessous

Coup de projecteur

La lumière flotte, petits cristaux blancs dans la nuit blanche. La neige sur le Crevon Le héron sommeille Claudine Dozoul

Tu planteras les années. En résonance…

Night + Fog (11), Darren Almond, 2007 Tout commence ici, à Anvers quand tu oublies ta chemise blanche près du vieux cyprès chevelu que tu aperçois, déformé, à travers les carreaux de la salle de bain, là où les ombres fluctuent en de sombres gestes, biffures laminées depuis la nuit des temps. À l’arrière plan, une prairie comme un fleuve lire la suite...

Fille de la nuit égarée

Tu tiens baissées tes paupières de neige. Tu tiens cachés tes doigts de rose. Tu tiens voilé le haut du corps, masquant la beauté rayonnante d’autrefois quand à l’aurore, se répandait des rameaux agités, une rosée tardive. Vierge sans ailes qui n’annonce plus aux dieux ni aux mortels l’arrivée imminente de la lumière blonde du soleil depuis qu’elle verse ses larmes sur le fils lire la suite...

Lieu-corps

Il y aurait, là-bas, une vague immense et douce qui porterait mon corps en majesté. Elle s’appelle la vague des amants éternels, celle qui porta le corps souffrant de Tristan vers le rivage d’Iseult la Blonde. Elle est orientée vers les jours qui se succèdent entre les roseaux brisés puis vient la lande que je foule à l’aube. Le voyageur lire la suite...