Chronique cartographique en territoires figurés et poétiques

Archives pour le mot-clé : narration

À défaut de… Le Mans

Dans le Précis de géographie départementale ouvert sur mon bureau, il est suggéré un Chapitre à lire où j’apprends que la belle ville qu’est Le Mans – antique cité dont témoignent les ruelles étroites aux noms anciens – offre une modernité sans caractère. Puis, il est question d’occupations successives par les Romains, les Anglais et les Allemands. En clôture du lire la suite...

Éluder le désir

Il lui récite les tables de multiplication d’une voix gouailleuse. « Oh my God » soupire-t-elle. Il stoppe net, se lève et bondit. Saute par-dessus la balustrade. Les canards et les pigeons s’envolent. Les cygnes, eux, ont gardé la tête sous l’eau. Ce vol de cygnes, non ! de naïades se sauveOu plonge Elle l’appelle, Benoît ? Bertrand ? Il gambade, il fanfaronne, lire la suite...

Nomades

Se repérer dans la ville. Suivre les trottoirs et leurs taches sombres – celles de rousseur qui ombrent ma peau au réveil avant de masser, lisser jusqu’à éclairer. Aujourd’hui je suis nomade ; je suis l’hirondelle devenue rare sur nos territoires chimiques ; je suis le loup hors de la meute, il a faim, il frôle les banlieues, il est lire la suite...

Repérages

Départ de la gare de Nîmes, marcher comme si c’était la 1ère fois à Nîmes. J’arriverais d’où ? Tarascon, Frontignan, Alès ? J’aiguise mes sens tout en chronométrant mon parcours…Halte à l’Office du Tourisme et dernière étape à l’exposition d’Isabelle Rodriguez qui écrit «Les ruines accrochent les fantômes au paysage» Je note la multiplicité de mes idées.

Chronique de manque annoncé – 4

Il est 13h30 quand la vie devient sable mouvant. J’ai murmuré « Que va-t-on devenir ? », je me suis cassé le poignet contre un mur. Mes lunettes se sont voilées tandis que du ciel jaillissait des trombes d’eau. J’ai peur de l’orage. Qui va m’aider à remonter le temps ? Qui va ausculter mes pérégrinations ? Qui va me lire la suite...

Chronique de manque annoncé – 3

Il est 13h30 quand l’homme approche du micro. Une masse trapue nimbée dans les projecteurs. Si petit dans la haute salle. Humble dans la cathédrale, ce soir. Rejoint par des ombres. Et Rachel. D’autres voix sont dévoilées. Lou le taiseux, Lou le teigneux. Alan crispé sur ses bottines vernies, arty du rock au visage de lame d’acier, chevrotant en une lire la suite...

Chronique de manque annoncé – 2

Il est 13h30 quand nous nous retirons de notre amour. La Grande Histoire me paraît si bancale, mon bel amour. La pièce où nous nous tenons, enfin calmes, a connu les sursauts et les soubresauts de la passion. De cela il y a bien longtemps. Nous allons procéder à des démarches administratives, déposer un préavis de location, rechercher chacun un lire la suite...

Chronique de manque annoncé – 1

Il est 13h30 quand les cavaliers pénètrent dans la plaine Puszta. On est à une heure de Budapest, ils y auront bivouaqué, peut-être même auront-ils eu le temps de trousser quelques filles, des kárpáti cigány tout en rotant et pissant dru dans le froid automnal. À l’horizon, la sècheresse infinie des steppes ponctuées ci et là des salutations des pasteurs lire la suite...

Raconter les origines

Plusieurs options pour ce faire: l’arbre généalogique, réaliste ou imaginaire écrire selon une chronologie de la naissance à aujourd’hui ; d’un départ à une arrivée ; d’une rencontre à une séparation – à chaque fois, remonter ou descendre le temps comme on le ferait le long d’un cours d’eau raconter des étapes, jouer avec les repères temporels et/ou spatiaux sans lire la suite...

Diffraction sans bord

Préambule : on tire au sort la définition d’un synonyme de diffraction qui sera notre guide. . Premier temps : la déambulation. On feuillette, on pioche des mots et des titres. On réfléchit à ce que signifie le trajet. On conserve un livre relatif à Apollinaire. . Deuxième temps : la création. On écrit de courts textes qui rebondissent de lire la suite...

D’un œil ardent tu verras

Quand les astres écrasent toute chose, on s’en remet à dieu ou au diable pour trier le soupçon de la chicane. D’un œil ardent tu verras – il te faudra entrouvrir les paupières – les dromadaires harassés, les pèlerins devant, à droite quelques murets et la campagne cramée de chaleur. Sur le pourtour, des blessés, des gens hagards, des rumeurs. Tu lire la suite...

Un mouvant tableau

Je venais tout juste d’avoir 30 ans. J’avais passé les dix dernières années de ma vie enfermé, entre mon petit studio du 3è arrondissement et mon bureau. Je n’avais pas vécu. Ou si peu. Juste la vie des autres dans les romans que je dévorais par dizaine à la bibliothèque de mon quartier. Parfois le dimanche j’allais me promener dans lire la suite...

Lituanie 3, Luminor

Ton dos avait pris le soleil en zones courbes sous les buildings – Luminor encadré d’azur. Autour de nous, peu de monde. Tu avais pris une décision et je n’ai pas eu cinq secondes pour contester quoi que ce soit. Nous avons traversé la prairie rase à toute allure ; essoufflés, nous avons dévalisé la banque nationale ; nous avons lire la suite...

Lituanie

À son retour de Lituanie, Isabelle Vincent m’envoie six photographies qui inspirent une balade en six opus – une histoire qui finit mal. Ramybė mūsų sapnuose est un film du lituanien Šarūnas Bartas.

Berlin

Ma C., tu as saisi sous verre la belle dont nous rêvions enfants, son visage parfait et son port hiératique – oubliés les cieux égyptiens et le charme du Nil – un autre sanctuaire accueille notre amie, un abri ivoire non restauré même si je reconnais les feuilles d’acanthe et les angelots barbouillés du Quattrocento.  Néfertiti baigne dans un silence lire la suite...

Séville

Chère C., un an déjà que nous nous sommes rencontrés. C’était à Séville, aux Archives des Indes. Tu y venais pour la première fois, j’étais un habitué. Je venais m’user les yeux à fouiller dans les vieux écrits. J’y découvrais la lumière du sud, les Antilles espagnoles, la chaleur sur les plantations, le soleil sur la mer. Toi, tu venais lire la suite...

Cologne

Chère amie, Je t’écris du théâtre de Cologne en attendant que les lumières s’éteignent et que le spectacle commence. En traversant la ville dans cette opacité moite et glaciale d’un hiver allemand, une idée m’est venue. Que dirais-tu si je venais te rendre visite ? Rome et sa lumière me manquent. Je n’en peux plus de ma solitude et de cette lire la suite...

Fille de la nuit égarée

Tu tiens baissées tes paupières de neige. Tu tiens cachés tes doigts de rose. Tu tiens voilé le haut du corps, masquant la beauté rayonnante d’autrefois quand à l’aurore, se répandait des rameaux agités, une rosée tardive. Vierge sans ailes qui n’annonce plus aux dieux ni aux mortels l’arrivée imminente de la lumière blonde du soleil depuis qu’elle verse ses larmes sur le fils lire la suite...

Flashback

Suite au projet Quand rêvent les arbres…, exploration poétique du quartier Chemin bas d’Avignon, à Nîmes, réalisé en 2016-2017, j’ai souhaité renouveler l’expérience de cartographie narrative, désignée cette fois Topologie du surgi et de l’effacé, avec la triple ambition de rendre compte de mes explorations de paysages ; de relater l’expérience des ateliers d’écriture menés sur le territoire local et lire la suite...