Chronique cartographique en territoires figurés et poétiques

Archives pour le mot-clé : lumière

Origines

Il y a trois ans, une journée grise m’avait amenée à l’exposition Opium ( je faisais des recherches autour de la lettre O pour un projet) où je lisais « chacun de nous est un désert … » . Les couleurs du jour m’attristaient, j’ai pensé à encore plus terne, plus boueux, plus rude. C’est devenu la plaine Puszta, de ce manque lire la suite...

Au-delà

« La poésie, dans une œuvre, c’est ce qui fait apparaître l’invisible.» Nathalie Sarraute, 1962   Ne pas dépasser le seuil peut être aussi ne pas se situer dans le champ et laisser place à l’imagination.  

Diffraction sans bord

Paris à l’aube 3 enfants du tumulte Certains rasaient les murs D’autres grimpaient dessus Leurs poings armés et leurs dents aiguisées Jaillissement équin Éruption des tranchées Les pointeurs fixaient les bulles des niveaux Qui remuaient ainsi que les yeux des chevaux Fin du monde Effondrement Leurs yeux étoiles bestiales Éclairent ma compassion À la fin tu es las de ce lire la suite...

Triptyque subliminal

  L’alcool stimulant m’a désinhibé. J’ai rangé le flash, la vie allumée s’est mise à danser, qui coule en moi – je veux me noyer- réservoir de mes rêves. Sa force étoilée nous fait briller la rue. MR Lendemains joyeux d’un futur certain. Je le vois soudain, comme une éclipse surgie du passé, de mon imaginaire, d’un horizon lointain.  Dans lire la suite...

Avec ses éphélides on peut brûler

On traverse des espaces humides Et dévastés, des rivières perdues On recherche et on traque, éperdu En silence, une femme livide Contre laquelle, avec ses éphélides On peut brûler tel l’enfant méconnu Et révolté ; se dresser mis à nu Et déchaîner une fièvre splendide Rougeoyante, c’est une frénésie Une folie, une guerre quasi Une flamme – fureur sombre, tension lire la suite...

Nous travaillons dans l’obscurité

Le gué d’une lumière ? Avec mes petites pattes de mouche sous mescaline, je traverse les chairs et les nerfs disséqués sur des arcs tendus. Sensibles, leurs variations, ce sont des lignes que j’aurais aimé revêtir. De loin tout est silencieux mais si je me pose sur le support, je perçois la gravité du ring déserté, de l’arène où gît le lire la suite...

Savantes Lumières

Ci-dessous, quelques articles de l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert 1/ Article ACCIDENT, en Peinture, vol. I (1751), p. 72a – ACCIDENT, en Peinture. On dit des accidents de lumière, lorsque les nuages interposés entre le soleil & la terre produisent sur la terre des ombres qui l’obscurcissent par espace ; l’effet que produit le soleil sur ces espaces qui en lire la suite...

Dictionnaire décalé

Atlas Il trace des planisphères, des cartes imaginaires et leurs graphismes. Il évoque le départ – un matin à l’aube -, la traversée d’une lumière spatiale sans bornes et sans vacarme. Il dénonce le trafic des réfugiés, depuis la guerre vers nulle paix, de la pauvreté vers le fantasme. CR Encre On la dit sympathique, de Chine et de sang. lire la suite...

Là où œuvre la chlorophylle

Assise sur un banc de pierre sable, décoloré par les années, elle balaie, de son index, les traces brunies de leur maturité, récemment encore noyées par les averses. Des unes, reste un damier bistre, des autres, une rouille de lichens ou encore une fadeur sombre. Elle murmure «Mon cœur», «Anarchie» en suivant du regard les lignes brisées tel un étain lire la suite...

Écriture pigmentée

Ah ! Que le temps vienne/Où les cœurs s’éprennent* Tronc noueux. Cicatrices indélébiles. Larmes de sèves. Je me tiens immobile sous un tilleul aux feuilles vert de gris. Je m’enivre du parfum entêtant des akènes bruissant au vent et du chant des oiseaux. Joyeuse sarabande de printemps. Vert sombre. Vert tendre. Vert topaze. Vert amande. Le vert est partout. Mon regard lire la suite...

D’un œil ardent tu verras

Quand les astres écrasent toute chose, on s’en remet à dieu ou au diable pour trier le soupçon de la chicane. D’un œil ardent tu verras – il te faudra entrouvrir les paupières – les dromadaires harassés, les pèlerins devant, à droite quelques murets et la campagne cramée de chaleur. Sur le pourtour, des blessés, des gens hagards, des rumeurs. Tu lire la suite...

Un mouvant tableau

Je venais tout juste d’avoir 30 ans. J’avais passé les dix dernières années de ma vie enfermé, entre mon petit studio du 3è arrondissement et mon bureau. Je n’avais pas vécu. Ou si peu. Juste la vie des autres dans les romans que je dévorais par dizaine à la bibliothèque de mon quartier. Parfois le dimanche j’allais me promener dans lire la suite...

Lituanie 6, un vélo

Ce qui nous a perdus ? Il n‘y avait qu’un vélo, je l’avais repéré en longeant le bar. Tu t’es éloignée pour pisser derrière une barricade. Tes fesses au soleil m’ont laissé indifférent. J’ai foncé sur la cabine téléphonique derrière la porte. Je t’ai balancée aux flics, mon éphémère complice. Je ne sais si tu savoureras une dernière bière – lire la suite...

Lituanie 5, fuguer

Fuguer est une fatigue. Tu as les yeux cernés, la gorge asséchée, le corps qui vacille, pire tu deviens aigrie. Tu tournes en rond et t’épuises vainement. Je reste assis à terre, dans l’ultime pièce en enfilade. Nous nous sommes énervés à l’abri d’une bâtisse abandonnée, je songeais à une autre vie, nous aurions parcouru les étages en riant, les lire la suite...

Lituanie 3, Luminor

Ton dos avait pris le soleil en zones courbes sous les buildings – Luminor encadré d’azur. Autour de nous, peu de monde. Tu avais pris une décision et je n’ai pas eu cinq secondes pour contester quoi que ce soit. Nous avons traversé la prairie rase à toute allure ; essoufflés, nous avons dévalisé la banque nationale ; nous avons lire la suite...

Lituanie 2, Hamlet

Ô s’approcher de l’eau ! Dans les reflets dérivait Ophélie que les herbes ne chatouillaient plus. Nous récitions les tirades d’Hamlet en faisant de grands gestes. Tu étais facétieuse, tu te cachais sous la barque en chantonnant, après tu léchais la peinture écaillée sur ta peau humide tout en dansant la sévillane. Nous étions comme les pissenlits sur le sol lire la suite...

Potomac River

Minéral hiver Anachronique lumière Qui n’est plus – en mai Là sur l’Ancien continent Du Rhône au Gard, feuillagé Catherine Robert

Musée de la ville de New York

Grande dépression Poussière de vie en tons Ocres – harassés Eux, indifférents aux tags Des gens privés de lumière Catherine Robert

Times Square

Flash d’or et d’azur Chlorophylle éteinte sous L’intensif humain Nulle abeille nul papillon Ô ! Lumière capturée Catherine Robert  

Coup de projecteur

La lumière flotte, petits cristaux blancs dans la nuit blanche. La neige sur le Crevon Le héron sommeille Claudine Dozoul

La promenade

Interdiction de monter sur la partie ronde de la buse, dit le cormoran. Le grand YAKA, dit le courlis. Le petit – ET MOI ? ET MOI ?  ET MOI ? C’est un festival. L’émoi change le monde et l’horizontalité du paysage – en mouvement perpétuel. Les araignées ne grimpent plus au plafond et les bulots flirtent avec le citron. Dans la nuit, lire la suite...

La plage

Descendre avec la marée fouler les grains de sable, les grains de mots éparpillés par un vent glacial, descendre sur la grève à quatre, à cinq, parce qu’aujourd’hui la lumière accroche les papiers – papiers comme des parchemins dans ma gorge jusqu’à mon sexe qui moisissent de n’être jamais lus. Sortir les mains jointes en offrande au dieu local à lire la suite...