Chronique cartographique en territoires figurés et poétiques

Archives pour le mot-clé : I.Vincent

Lituanie 6, un vélo

Ce qui nous a perdus ? Il n‘y avait qu’un vélo, je l’avais repéré en longeant le bar. Tu t’es éloignée pour pisser derrière une barricade. Tes fesses au soleil m’ont laissé indifférent. J’ai foncé sur la cabine téléphonique derrière la porte. Je t’ai balancée aux flics, mon éphémère complice. Je ne sais si tu savoureras une dernière bière – lire la suite...

Lituanie 5, fuguer

Fuguer est une fatigue. Tu as les yeux cernés, la gorge asséchée, le corps qui vacille, pire tu deviens aigrie. Tu tournes en rond et t’épuises vainement. Je reste assis à terre, dans l’ultime pièce en enfilade. Nous nous sommes énervés à l’abri d’une bâtisse abandonnée, je songeais à une autre vie, nous aurions parcouru les étages en riant, les lire la suite...

Lituanie 4, Dieu

Dieu nous viendra-t-il en aide ? Peut-il détourner ce qui sera le destin de notre coup de foudre ? Seul, je me serais assis sur un banc et j’aurais rêvé. Seul je l’étais, même quand tu te déshabillais dans les églises de brique et que je bandais comme le bois dont sont faits tous les saints au milieu des petites lire la suite...

Lituanie 3, Luminor

Ton dos avait pris le soleil en zones courbes sous les buildings – Luminor encadré d’azur. Autour de nous, peu de monde. Tu avais pris une décision et je n’ai pas eu cinq secondes pour contester quoi que ce soit. Nous avons traversé la prairie rase à toute allure ; essoufflés, nous avons dévalisé la banque nationale ; nous avons lire la suite...

Lituanie 2, Hamlet

Ô s’approcher de l’eau ! Dans les reflets dérivait Ophélie que les herbes ne chatouillaient plus. Nous récitions les tirades d’Hamlet en faisant de grands gestes. Tu étais facétieuse, tu te cachais sous la barque en chantonnant, après tu léchais la peinture écaillée sur ta peau humide tout en dansant la sévillane. Nous étions comme les pissenlits sur le sol lire la suite...

Lituanie 1, les lilas

Ma peau est de bois, de fer et de lianes. Au loin, le son étouffé de l’harmonica prolonge l’apaisement après l’amour. Je perçois le bruissement du vent au dessus du toit et une odeur d’enfance à travers les lattes disjointes. Nous aurions pu rester jusqu’à quand, ici ? Aurions-nous pâli, comme le printemps à travers les lilas ? Mon aimée lire la suite...