Chronique cartographique en territoires figurés et poétiques

Archives pour le mot-clé : botanique

Les mots, les pépins, le rosaire

Un homme chante, je l’écoute depuis mon adolescence, aujourd’hui je répète avec lui, c’est comme un insecte mais sur le dos1. Et puis le suivant – le charme ou le piège des playlists – répète à son tour que nous sommes immortels2. J’entends cela, je vais m’endormir avec les mots, égrainer le rosaire de mon inconscient, énucléer l’essentiel à la lire la suite...

Le pittoresque

Le synonyme le plus probant de couleur locale est pittoresque dérivant de l’italien et relatif à la peinture. J’ai dessiné mon néflier mais ne l’ai point peint, pas à l’aise avec ça… Mais le décrire, oui. Et j’imagine un jeu printanier, dehors, d’observation et de description ; contraint et poétique ; littéraire et botanique. Une aventure qui contourne l’exotisme – connotant trop lire la suite...

Couleur locale

J’ai découvert le néflier du Japon en 2012, à Nîmes. Il fallait trouver où me loger et donc, des arbres. Ce furent entre autres cet Eriobotrya japonica. Eriobotrya signifie « grappe de laine » en grec, ce que sont les jeunes bourgeons cotonneux et les feuilles aussi. Peu de temps après mon emménagement, j’eus la surprise de découvrir en novembre-décembre de longues lire la suite...

Tourner le dos

En cueillant des nèfles mûres, je songe que, comme Claude Lévi-Strauss, je hais les voyages1, non pas que cela en fût toujours ainsi puisque entre vingt et trente ans, j’avais la bougeotte et que plus tard je fus animée du désir de partager mes expériences à l’étranger. Pendant que les fruits mijotent dans le sucre, je me plonge dans l’Encyclopédie lire la suite...

Là où œuvre la chlorophylle

Assise sur un banc de pierre sable, décoloré par les années, elle balaie, de son index, les traces brunies de leur maturité, récemment encore noyées par les averses. Des unes, reste un damier bistre, des autres, une rouille de lichens ou encore une fadeur sombre. Elle murmure «Mon cœur», «Anarchie» en suivant du regard les lignes brisées tel un étain lire la suite...

Écriture pigmentée

Ah ! Que le temps vienne/Où les cœurs s’éprennent* Tronc noueux. Cicatrices indélébiles. Larmes de sèves. Je me tiens immobile sous un tilleul aux feuilles vert de gris. Je m’enivre du parfum entêtant des akènes bruissant au vent et du chant des oiseaux. Joyeuse sarabande de printemps. Vert sombre. Vert tendre. Vert topaze. Vert amande. Le vert est partout. Mon regard lire la suite...

Rayons verts

Toucher les balafres d’un platane argenté. Détourner la tête vers les origines estompées. Sonder le passé des Volques à tel point qu’on se croirait devant un éventail de chromos. Plonger un bout d’orteil dans Nemausa la source, il y a plus de deux mille ans. Caresser le marbre tandis qu’il pleut des semences soufre. Focaliser le regard vers les cygnes lire la suite...

Tu planteras les années. En résonance…

Night + Fog (11), Darren Almond, 2007 Tout commence ici, à Anvers quand tu oublies ta chemise blanche près du vieux cyprès chevelu que tu aperçois, déformé, à travers les carreaux de la salle de bain, là où les ombres fluctuent en de sombres gestes, biffures laminées depuis la nuit des temps. À l’arrière plan, une prairie comme un fleuve lire la suite...