Éluder le désir

22 juillet 2019 – 12h 04 – 26°C – 7km/h

Il lui récite les tables de multiplication d’une voix gouailleuse. « Oh my God » soupire-t-elle. Il stoppe net, se lève et bondit. Saute par-dessus la balustrade. Les canards et les pigeons s’envolent. Les cygnes, eux, ont gardé la tête sous l’eau.

Ce vol de cygnes, non ! de naïades se sauve
Ou plonge

Elle l’appelle, Benoît ? Bertrand ? Il gambade, il fanfaronne, il déconne, elle s’affole. Il est affolant, un faune en plein zénith.

Inerte, tout brûle dans l’heure fauve

Qu’est-ce encore ? Il est revenu. « Au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit » − un temps d’arrêt et il ajoute « amen ». Ses mains à plat (ses paumes) portent des rameaux dont il lui caresse le corps, lentement.

Tressaille ! la frayeur secrète de la chair

Ils ont devenus graves, tous deux.

Leur incarnat léger, qu’il voltige dans l’air

 

Les citations en italique sont extraites de 
L’Après-Midi d’un faune, Stéphane Mallarmé,1876